Sainte Blandine ?

Jeune esclave, Blandine a été martyrisée à Lyon sous Marc-Aurèle en 177 avec une quarantaine d'autres chrétiens de Lyon et de Vienne parmi lesquels saint Pothin, évêque de Lyon, Attale, Epagathe, Sanctus, Biblis, Alexandre, Alcibiade, Maturus. Leur martyre a été relaté par des témoins oculaires qui ont rédigé une "Lettre des Églises de Lyon et de Vienne" adressée aux Églises de Phrygie et d'Asie et retranscrite au IVe siècle par Eusèbe dans son Histoire ecclésiastique. Il s'agit ainsi d'événements d'une historicité sûre.

Blandine fait preuve d'un courage extraordinaire qui conduit certains de ses compagnons qui avaient renié leur foi sous la torture à se rétracter et à souffrir en martyrs. Livrée aux bourreaux qui avouent n'avoir jamais vu femme souffrir si courageusement, elle se borne à répéter : " Je suis chrétienne ; il ne se fait point de mal parmi nous ". Suspendue par les bras et livrée aux bêtes, celles-ci n'en veulent pas. Exposée au gril, elle est roulée dans un filet de rétiaire (gladiateur armé d'un poignard et d'un filet) et livrée à un taureau sauvage, qui la lance en l'air avec ses cornes, puis on l'achève par le glaive.

Blandine est patronne de la ville de Lyon. Elle est aussi avec Marthe patronne des servantes.

Le 4 octobre 1986, à l'amphithéâtre des Trois Gaules, Jean-Paul II a célébré les martyrs de Lyon : « Ils n'ont pas voulu renier Celui qui leur avait communiqué sa Vie et les avait appelés à être ses témoins. Nous savons qu'ils sont nombreux aujourd'hui encore, et dans toutes les parties du monde, ceux qui subissent les outrages, le bannissement et même la torture à cause de leur fidélité à la foi chrétienne. En eux, le Christ manifeste sa puissance. Les martyrs d'aujourd'hui et les martyrs d'hier nous environnent et nous soutiennent pour que nous gardions nos regards fixés sur Jésus. »

Extraits de la lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d'Asie et de Phrygie

17 - 19      En la personne de Blandine, le Christ montra que ce qui paraît aux yeux des hommes sans beauté, simple, méprisable est digne, aux yeux de Dieu, d'une grande gloire à cause de l'amour qu'on a pour lui...

Nous tous, en effet, nous avions craint, et avec nous sa maîtresse,... que Blandine dans cette lutte, ne soit pas capable, à cause de sa faiblesse physique, de faire avec assurance sa confession de foi. Mais Blandine fut remplie d'une telle force qu'elle épuisa et fit capituler tous ceux qui successivement la torturèrent de toutes les façons, du matin au soir...

La bienheureuse, comme une courageuse athlète, trouvait une nouvelle jeunesse dans la confession de sa foi. C'était pour elle, une reprise, un repos, un apaisement dans tout ce qui lui arrivait de dire: ''Je suis chrétienne et chez nous il n'y a rien de mauvais''.

4 1      Blandine, elle, suspendue à un poteau, était exposée pour être la pâture des bêtes qu'on lâchait sur elle. En la regardant suspendue à cette espèce de croix, en l'entendant prier à haute voix, les combattants sentaient croître leur courage: au milieu de leur combat, ils voyaient de leurs yeux de chair, à travers leur sœur, Celui qui a été crucifié pour eux.

5 3 -56      La foule fut prise d'une fureur sauvage contre eux (Blandine et Pontique), sans aucune pitié pour l'âge du jeune garçon, sans aucun égard pour la femme. On les soumit à toutes les épreuves et on les fit passer par toute la série des tortures, en les prenant à part, tour à tour, pour essayer de les faire blasphémer. On ne put y réussir. Pontique était soutenu par sa sœur, et les païens eux-mêmes voyaient que c'était elle qui l'encourageait et l'affermissait.

Quand il eut généreusement supporté toutes sortes de tortures, il rendit l'âme. La bienheureuse Blandine, la dernière de tous, comme une noble mère qui, après avoir encouragé ses enfants, les a envoyés en avant victorieux vers le Roi, subissait à son tour la rigueur de tous les combats soutenus par ses enfants. Maintenant elle se hâtait de les rejoindre, heureuse et rayonnante de joie à cause de ce départ.